Pour photographier une éclipse solaire, le filtre n’est pas un accessoire secondaire. C’est la première pièce de sécurité de votre prise de vue.
Le 12 août 2026, depuis la France métropolitaine, l’éclipse sera partielle. Cela veut dire une chose très simple : le Soleil restera dangereux pendant toute la séance, en particulier avec un téléobjectif.
Vous ne devez jamais viser le Soleil à travers une optique sans filtre solaire adapté, correctement fixé à l’avant de l’objectif.
Le bon filtre solaire pour une photo d’éclipse n’est donc pas “le filtre le plus sombre que vous avez dans le sac”. C’est un filtre conçu pour le Soleil, compatible avec votre matériel, solide, testé avant le jour J, et utilisé correctement.
Le filtre à utiliser : un vrai filtre solaire placé à l’avant de l’objectif

Filtre solaire de bon rapport qualité-prix K&F concept
Pour un gros plan du Soleil ou de l’éclipse avec un téléobjectif, le principe est clair : le filtre solaire doit être placé devant la lentille frontale de l’objectif.
Pas derrière l’objectif. Pas devant l’œil. Pas tenu à la main. Pas bricolé à la dernière minute avec une matière inconnue.
Pourquoi à l’avant ? Parce que le filtre doit réduire l’intensité lumineuse avant que l’objectif ne concentre la lumière. Un téléobjectif agit comme une loupe. Sans protection adaptée, vous risquez vos yeux, votre capteur, et parfois certains éléments internes de l’appareil.
Les solutions sérieuses se trouvent généralement dans ces familles :
- les feuilles solaires de type AstroSolar ou Mylar, montées dans un support solide ;
- les filtres solaires vissants en verre, vendus explicitement pour la photo du Soleil, avec filtration adaptée, notamment UV et infrarouge.
Le point important n’est pas seulement la densité annoncée. C’est l’usage prévu par le fabricant, la filtration du rayonnement dangereux, la qualité de fixation, et l’état du filtre.
Un filtre rayé, percé, gondolé, mal fixé ou trop petit pour votre objectif ne doit pas être utilisé. Sur le terrain, avec le stress, le vent, le trépied à régler et la lumière qui baisse, un filtre qui bouge devient un vrai problème.
Filtre solaire en verre à visser ou film solaire maison : que choisir ?
Deux solutions s’offrent donc à vous pour protéger votre matériel et photographier l’éclipse : le filtre solaire en verre à visser et le film solaire monté soi-même sur un support.
Avant de comparer, gardez la règle de base : quel que soit le filtre que vous choisissez, il doit être placé à l’avant de l’objectif et mis en place avant de cadre le Soleil
Le filtre devant l’optique va bloquer la lumière et la chaleur avant qu’elles n’entrent dans l’instrument.
Le filtre solaire en verre à visser : simple, propre, rassurant
Le filtre solaire en verre à visser ressemble à un filtre photo classique.
Vous le choisissez au diamètre de votre objectif, vous le vissez sur le filetage avant, et vous pouvez photographier sans avoir à bricoler de support maison.
C’est son gros point fort : la simplicité.
Pour un photographe qui veut préparer l’éclipse sans bidouille, c’est la solution la plus rassurante. Le filtre tient bien, il se transporte facilement, il se monte comme un filtre UV ou un polarisant. Pas de risque de montage bancal ou de chute en cours de prise de vue.
L’American Astronomical Society précise même que les filtres solaires vissants sont les plus adaptés quand on se trouve hors de la bande de totalité, parce qu’on les garde en place pendant toute l’éclipse partielle.
Ce sera notre cas pour l’éclipse du 12 août 2026 depuis la France métropolitaine.
Mais attention : “filtre vissé” ne veut pas dire automatiquement “filtre solaire sûr”.
Ne choisissez pas seulement un filtre parce qu’il est très sombre ou parce que la fiche produit affiche ND100000, ND1000000 ou une valeur impressionnante.
Vérifiez qu’il est vendu pour la photographie solaire (et qu’il est bien au diamètre de votre objectif).
Le filtre en verre à visser est donc intéressant si :
- vous voulez une solution prête à monter ;
- vous utilisez un objectif avec un diamètre courant ;
- vous cherchez une fixation propre et rapide ;
- vous photographiez l’éclipse partielle depuis la France, donc avec le filtre en place du début à la fin.
Son défaut ? Le prix grimpe vite. Et si vous avez plusieurs objectifs à équiper, la note sera encore plus élevée.
Autre point à noter et à tester avant le jour J : certains filtres solaires en verre produisent une dominante jaune, orange, ou légèrement bleutée selon leur conception. Ce n’est pas forcément un problème, mais il vaut mieux le savoir avant.
Le film solaire maison : souple, économique, mais plus exigeant
Le film solaire, lui, se présente sous forme de feuille. On l’achète, puis on le monte dans un support fabriqué soi-même ou dans un support prêt à l’emploi.
C’est la solution que beaucoup d’astronomes amateurs utilisent pour adapter un filtre à une lunette, un télescope, des jumelles ou un téléobjectif.
Le grand avantage : vous pouvez l’adapter à presque n’importe quel diamètre.
Et en plus, il est bien moins cher que les filtres en verre à visser. Ça ne gâche rien.
Un grand pare-soleil ? Un téléobjectif sans filetage classique ? Une longue-vue ? Des jumelles ? Le film solaire peut devenir très pratique, à condition de fabriquer un support solide, bien centré, sans fuite de lumière et impossible à faire tomber.
Les films de type AstroSolar sont très connus dans ce domaine. Baader indique par exemple que la version AstroSolar Safety OD 5.0 peut être utilisée avec un reflex ou un appareil photo hybride, tandis que la version Photo OD 3.8 vise plutôt l’imagerie solaire à fort grossissement. Et là, prudence : la version OD 3.8 n’est pas faite pour l’observation visuelle.
Dit autrement : partez plutôt sur une solution pensée pour un usage sûr et courant avec du ND/OD 5.0, et suivez les consignes du fabricant à la lettre.
Le film solaire maison est intéressant si :
- vous devez couvrir un grand diamètre ;
- vous voulez filtrer un objectif qui n’accepte pas facilement de filtre vissé ;
- vous voulez une solution plus économique pour plusieurs optiques ;
- vous êtes capable de fabriquer un support propre ;
- vous acceptez de tester et inspecter votre montage avant l’éclipse.
Son défaut ? Il demande plus de soin. Et un peu de bricolage.
Un film mal tendu n’est pas forcément un problème optique. Un film percé, déchiré, rayé, froissé au mauvais endroit ou mal fixé, par contre, devient un vrai problème, voire un danger.
Si vous fabriquez votre filtre, faites-le longtemps avant. Installez-le. Secouez doucement l’objectif. Vérifiez qu’il ne glisse pas. Orientez l’ensemble dans différentes positions. Testez-le sur le Soleil avant l’éclipse. Et inspectez le film avant chaque séance.
L’AAS tient aussi une liste de fabricants et fournisseurs de filtres solaires sûrs. C’est une bonne page à consulter avant d’acheter une feuille ou un filtre déjà monté, surtout à l’approche d’un événement où les produits douteux risquent de se multiplier.
Lequel choisir pour photographier l’éclipse du 12 août 2026 ?
Ma recommandation est simple.
Si vous débutez, ou si vous voulez limiter les risques de montage, prenez un filtre solaire à visser prévu pour la photographie du Soleil, au bon diamètre, testé avant le jour J.
Ce n’est pas forcément la solution la plus souple.
Mais c’est souvent la plus propre pour un photographe qui veut réussir une image nette du croissant solaire sans passer deux soirées à construire un support.
Si vous avez un gros téléobjectif, une longue-vue, plusieurs optiques à filtrer, ou un diamètre compliqué, le film solaire monté maison peut être une très bonne option. Mais dans ce cas, le vrai sujet n’est pas seulement le film. C’est le support.
Un bon film dans un mauvais support reste un mauvais filtre.
Voilà le tri le plus simple :
| Solution | Points forts | Points faibles | Pour qui ? |
|---|---|---|---|
| Filtre solaire en verre à visser | Montage simple, fixation propre, transport facile, prise en main rapide | Prix plus élevé, dépend du diamètre, moins pratique sur certains gros téléobjectifs | Photographe qui veut une solution prête à utiliser |
| Film solaire maison | Adaptable, économique sur grands diamètres, utile pour objectifs atypiques | Support à fabriquer, fragilité, contrôle indispensable avant usage | Photographe soigneux, à l’aise avec une fabrication propre |
Un filtre ND classique ne suffit pas
C’est une question qu’on entend souvent : “J’ai un ND1000, est-ce que ça passe ?”
Non, ne raisonnez pas comme pour une pose longue en paysage.
Un filtre ND classique sert à réduire la lumière visible pour allonger le temps de pose. Il n’est pas conçu pour filtrer correctement les rayonnements solaires dangereux, notamment dans l’infrarouge et l’ultraviolet. Et surtout, il n’est pas pensé comme protection de sécurité pour viser le Soleil avec une optique.
Même un filtre très sombre peut donner une impression trompeuse : l’image semble moins lumineuse, mais cela ne veut pas dire que vos yeux ou votre matériel sont protégés correctement.
Certains filtres appelés ND100000 ou ND1000000 sont vendus spécifiquement pour la photographie solaire. Un ND100000 correspond souvent à environ 16,6 diaphragmes d’atténuation.
Mais là encore, ne retenez pas seulement le chiffre. Vérifiez que le filtre est bien conçu pour le Soleil, qu’il couvre le spectre nécessaire.
Règle simple : pour photographier le Soleil – surtout en gros plan – utilisez un filtre solaire prévu pour cet usage, installé à l’avant de l’objectif avant de pointer l’appareil vers le Soleil. Et rien d’autre.
Pour replacer ce choix dans la préparation globale de votre séance, vous pouvez aussi consulter le guide complet pour photographier l’éclipse solaire du 12 août 2026.
Filtre photo, filtre visuel : attention à ne pas tout mélanger

Un autre piège consiste à confondre ce qui protège l’appareil et ce qui protège vos yeux.
Pour observer l’éclipse à l’œil nu, il faut des lunettes d’éclipse certifiées ISO 12312-2, en bon état, prévues pour l’observation solaire. Des lunettes de soleil, même très sombres, ne conviennent pas.
Pour photographier avec un appareil, le filtre doit être adapté à l’objectif. Et si vous utilisez un reflex avec viseur optique, soyez particulièrement prudent : ne mettez jamais l’œil au viseur en visant le Soleil sans protection solaire fiable à l’avant de l’objectif. Le plus sûr est de travailler en visée écran quand c’est possible, ou avec un viseur électronique, tout en gardant le filtre en place.
Si vous utilisez un hybride, ne vous dites pas que le viseur électronique règle tout. Il protège votre œil du trajet optique direct, mais pas votre capteur si vous pointez le Soleil sans filtre. Le filtre frontal PHOTO reste indispensable pour les phases partielles.
Et comme l’éclipse du 12 août 2026 sera partielle en France métropolitaine, vous ne serez pas dans une phase de totalité où l’on retire le filtre pour photographier la couronne solaire.
Si vous voulez une méthode complète, avec les étapes de préparation, les scénarios et les fiches pratiques, la formation dédiée à l’éclipse du 12 août est là pour ça.
Choisir le bon diamètre et sécuriser la fixation
Sur le terrain, un bon filtre est un filtre qui tient. Cela paraît évident, mais c’est souvent là que les ennuis commencent.
Avant d’acheter, notez le diamètre de filtre de votre objectif. Il est souvent indiqué à l’avant de l’objectif avec le symbole Ø. Un 77 mm ne se monte pas sur un 82 mm. Et si vous utilisez des bagues d’adaptation, vérifiez que l’ensemble reste rigide et bien centré.
Pour les feuilles solaires, la question n’est pas seulement le matériau. C’est aussi le support. Il doit couvrir toute la lentille frontale, ne laisser passer aucune lumière parasite, et ne pas pouvoir tomber au premier mouvement.
Faites vos tests chez vous. Pas le soir de l’éclipse. Montez le filtre. Secouez très légèrement l’objectif. Orientez-le vers le ciel sans viser le Soleil. Vérifiez que rien ne flotte. Regardez si le filtre peut se déclipser quand vous tournez la bague de zoom ou que vous manipulez le pare-soleil.
Si vous prévoyez une composition avec un téléobjectif et un paysage, la fixation devient encore plus importante. Vous allez peut-être recadrer, ajuster le trépied, changer l’orientation, suivre le déplacement apparent du Soleil. Pour ce type d’image, lisez aussi les conseils sur la photo d’éclipse au téléobjectif.
Tester le filtre avant l’éclipse : indispensable pour vos réglages

Un filtre solaire change tout : luminosité, couleur, contraste, vitesse nécessaire, mise au point. Ce ne sera pas le moment de le découvrir le jour J, avec le Soleil bas, l’horizon ouest à surveiller et la pression de l’événement.
Quelques jours ou semaines avant l’éclipse, faites une vraie répétition sur le Soleil avec le filtre installé. Travaillez depuis un endroit sûr, sans vous précipiter. L’objectif n’est pas seulement de “voir si ça marche”. Il faut comprendre comment votre matériel réagit.
Vérifiez notamment :
- si vous arrivez à cadrer facilement le Soleil avec le filtre ;
- si la mise au point est fiable ;
- si l’image est trop sombre ou trop claire ;
- si votre histogramme reste exploitable ;
- si le filtre crée une dominante de couleur forte ;
- si votre trépied est assez stable avec cette focale.
- …
Les réglages précis dépendront de votre boîtier, de votre objectif, de la densité du filtre et de la lumière réelle. Une base raisonnable consiste souvent à partir sur une sensibilité basse, une ouverture modérée et une vitesse ajustée avec l’histogramme. Pour aller plus loin sans improviser, vous pouvez lire l’article consacré aux réglages pour photographier une éclipse solaire.
Ne cherchez pas forcément le projet le plus compliqué. Mieux vaut réussir une image simple, nette, bien exposée, que rater trois idées ambitieuses parce que le filtre était mal maîtrisé.
Et avec un smartphone, faut-il aussi un filtre solaire ?
Oui. Dès que vous photographiez le Soleil directement, même avec un smartphone, la règle reste la même.
Le smartphone a une petite optique, mais il peut quand même être endommagé si vous le pointez longuement vers le Soleil sans protection.
Et surtout, le danger vient aussi de votre comportement : chercher le Soleil à l’œil nu, cadrer en regardant trop longtemps l’écran, manipuler sans repère, s’énerver parce que l’image est minuscule.
Il existe des filtres solaires prévus pour smartphone, ou des solutions à fixer devant l’objectif du téléphone.
Vous pouvez aussi faire un montage « maison » avec du film et une coque par exemple.
Là encore, le filtre doit être fait pour le Soleil, bien placé, stable, et testé avant. Si vous comptez utiliser votre téléphone en complément du boîtier, préparez-le comme un vrai appareil photo, avec support stable et répétition.
Pour ce cas particulier, vous trouverez des repères adaptés dans l’article sur photographier une éclipse solaire avec un smartphone.
Le bon choix, c’est celui que vous maîtrisez avant le jour J
Le meilleur filtre solaire pour photographier une éclipse n’est pas forcément le plus cher, ni le plus spectaculaire sur une fiche produit. C’est celui qui répond à quatre conditions simples : il est conçu pour le Soleil, il se place à l’avant de l’objectif, il tient solidement, et vous l’avez testé avant l’éclipse.
Pour l’éclipse partielle du 12 août 2026 en France métropolitaine, ne prévoyez pas de photographier le Soleil au téléobjectif sans filtre. Ne comptez pas sur un ND classique. Ne bricolez pas une solution le matin même. Et ne découvrez pas votre matériel sur place.
Préparez votre filtre, votre objectif, votre trépied et votre méthode. Faites une répétition. Regardez vos images sur ordinateur. Corrigez ce qui ne va pas tant qu’il est encore temps.
Le 12 août, il n’y aura pas de deuxième prise. Si vous voulez préparer votre matériel, vos réglages, votre lieu et votre scénario de prise de vue sans improviser le soir de l’éclipse, la formation complète vous accompagne pas à pas.
